Dimanche 25 octobre 2009
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Alice
au pays des merveilles (Alice's Adventures in Wonderland) est une œuvre de littérature enfantine écrite par Charles Lutwidge Dodgson, sous le pseudonyme de Lewis Carroll. Le livre foisonne
d'allusions satiriques aux amis de l'écrivain et aux leçons que les écoliers britanniques devaient mémoriser à l'époque. Le pays des merveilles, tel qu'il est décrit dans le conte, joue sans
cesse avec la logique. Le livre a connu une suite intitulée De l'autre côté du miroir. Les adaptations cinématographiques combinent souvent des éléments des deux livres. De nos jours, l'ouvrage
reste populaire aussi bien auprès des enfants que des adultes. L'écrivain américain Martin Gardner a publié The Annotated Alice (non traduit en français) qui regroupe Alice au pays des merveilles
et De l'autre côté du miroir accompagnés des poèmes victoriens que Carroll parodia dans le corps du texte.
Historique
Le livre a été publié le 4 juillet 1865, trois ans après une promenade en barque sur l'Isis (qui coule à Oxford) effectuée par les révérends Dodgson (Carroll) et
Duckworth en compagnie de trois jeunes filles :
Lorina Charlotte Liddell (âgée de 13 ans, appelée Prima dans le poème d'ouverture)
Alice Liddell (âgée de 10 ans, appelée Secunda dans le poème d'ouverture)
Edith Liddell (âgée de 8 ans, appelée Tertia dans le poème d'ouverture)
L'excursion commença au pont Folly près d'Oxford et finit une dizaine de kilomètres plus loin dans le village de Godstow. Durant le trajet, Dodgson raconta aux
sœurs Liddell une histoire qu'il venait d'inventer. Celle-ci fut suivie plus tard par Alice's Adventures Underground et finit par devenir Alice's Adventures in Wonderland.
Description
Alice s'ennuie auprès de sa sœur qui lit un livre (« sans images, ni dialogues ») tandis qu'elle ne fait rien. « À quoi bon un livre sans images, ni dialogues ? »,
se demande Alice. Mais voilà qu'un lapin blanc aux yeux roses vêtu d'une redingote rouge passe près d'elle en courant. Cela ne l'étonne pas le moins du monde. Pourtant, lorsqu'elle le voit sortir
une montre de sa poche et s'écrier : « Je suis en retard ! En retard ! En retard ! », elle se dit que décidément ce lapin a quelque chose de spécial. En entrant derrière lui dans son terrier,
elle fait une chute presque interminable qui l'emmène dans un monde aux antipodes du sien. Elle va rencontrer une galerie de personnages retors et se trouver confrontée au paradoxe, à l'absurde
et au bizarre…
Le personnage d'Alice
« Aimante comme un chien », ainsi que la décrit Lewis Caroll dans Alice à la scène, Alice est également « curieuse, extravagamment curieuse ». Ce
trait de caractère en fait l’exploratrice idéale, d’autant plus que la petite fille se montre d'emblée d’une insouciance totale, s’engageant dans le terrier du Lapin sans songer un seul instant à
la manière dont elle pourra en ressortir. Alice est aussi d’une courtoisie exemplaire, car elle veut prouver à son entourage, qui semble la considérer comme trop étourdie et rêveuse, qu'elle
connaît les bonnes manières et toutes les leçons qu'elle se force à apprendre. Sa bonne éducation ne lui évite cependant pas les gaffes auxquelles la conduit sa nature spontanée : ainsi
n’hésite-t-elle pas à parler de sa chatte Dinah à la Souris de la Mare de larmes… Alice est aussi un personnage très patient et attentif envers les êtres étranges qu'elle rencontre. Ainsi, elle
s'arrête souvent pour entendre ce que chaque personnage a à lui dire : elle revient pour entendre la dernière phrase du Ver à Soie, elle écoute les chansons de Tweedledee et Tweedledum, écoute
les plaintes de la Tortue-Fantaisie, et essaie même de comprendre les discours illogiques du diabolique trio du Chapelier, du Lièvre de Mars et du Loir…
Petit à petit, Alice s'enfonce dans un monde de plus en plus absurde, ce qui la force à tout relativiser et à chercher de la logique, du bon sens ; toutes ces
matières qu'elle cherche en fait à fuir dans la réalité.
Le Pays des merveilles
Le Pays des merveilles est pour Alice terriblement dépaysant. Dès son arrivée, la petite fille se retrouve en proie à une véritable crise d'identité, en raison des
métamorphoses physiques qu’elle subit, mais aussi de la perte du savoir scolaire auquel elle voudrait tant se référer pour tenter de comprendre et de rationaliser le monde étrange qui l’entoure.
Ayant oublié sa poésie, elle devient par ailleurs l’agent d’une parodie de poèmes célèbres dans l’Angleterre de Carroll.
Le pays est le lieu de la contestation, par le biais de l’absurde, d’un certain ordre établi du monde réel, notamment de l’arbitraire du langage : Humpty Dumpty,
par exemple, définit comme il l’entend le mot « gloire » et met à jour la nature purement conventionnelle du lien entre signe et sens. Le texte est aussi une critique de la société victorienne,
notamment de ses intérieurs « fonctionnels », où chaque chose doit trouver et tenir une place minimale : le Lièvre de Mars et le Chapelier « rangent » le Loir dans… la théière. Les frères
Tweedeldee et Tweedeldum contredisent sans arrêt Alice. Le chat de Cheshire se contredit.
Le pays est aussi un lieu d’excès, où la gourmandise d’Alice est sans cesse confrontée à des choses qui se boivent ou se mangent et qui la transforment
physiquement, et où la cruauté de personnages féminins comme la fameuse Reine de Cœur s’exprime sans retenue.
Au Pays des merveilles, le temps est déréglé, au point qu’il n’y en a pas assez, comme pour le Lapin Blanc toujours pressé, ou qu’on soit fâché avec
lui, ou, comme le Chapelier, qu'on soit condamné à vivre éternellement à l'heure du thé.
On peut interpréter le pays de plusieurs façons différentes : on peut en effet le considérer comme un monde surréaliste, coloré et ingénu, ou bien comme un endroit
cauchemardesque dans lequel Alice se retrouve prise au piège d'un monde où la logique a été abandonnée au profit de la folie, un monde peuplé de personnages ambigus et inquiétants. L'ambiguïté
des personnages semble d'ailleurs s'accentuer sous le trait de John Tenniel, dont les représentations picturales des protagonistes sont plutôt inquiétantes.
Illustrateurs
On oublie souvent de préciser que le premier illustrateur d'Alice est Lewis Carroll lui-même, qui offrit à Alice Liddell, le 26 novembre 1864, un
exemplaire manuscrit de l'histoire inventée pour elle, orné de 37 dessins à la plume. Une édition en fac similé (avec une traduction française) a été réalisée par les éditions Frémok (2006). Les
sources divergent sur la question de savoir si c'est Dodgson ou son éditeur qui jugea bon de ne pas garder ses propres images. C'est en tout cas Carroll qui opta pour John Tenniel, dessinateur
alors réputé pour sa participation à la revue satirique Punch. Le succès remporté par la version illustrée par Tenniel l'a installé presque comme un second auteur d'Alice et le même tandem fut
reformé pour le second livre.
Les illustrations de John Tenniel semblent aujourd'hui inséparables du texte de Lewis Carroll. Mais Alice a inspiré un nombre impressionnant d'illustrateurs de sa
création et jusqu'à nos jours. Plusieurs centaines de versions ont ainsi vu le jour. Parmi les plus notables : Arthur Rackham ; Mabel Lucie Attwell ; Bessie Pease Gutmann ; Gwynedd M. Hudson ; A.
E. Jackson; Maria L. Kirk ; Pat Andrea ; Mervyn Peake. Anthony Browne
Inspirés du conte
Les Beatles développent de semblables idées surréelles dans des chansons comme Lucy in the Sky with Diamonds et I am the Walrus (littéralement « Je suis le
Morse », le Morse étant celui de De l'autre côté du miroir).
Alice a été adaptée dans une séries de bandes dessinées d'Alan Moore, Lost Girls ainsi que dans un sombre et sanglant jeu vidéo : American McGee's
Alice et un album de Tom Waits.
Le film Donnie Darko met en scène un lapin qui, derrière un miroir, guide le jeune Donnie à travers ses rêves.
Chaque chapitre du pamphlet Le Monde comme si de Françoise Morvan comporte un extrait d'Alice en épigraphe (ce livre conte les tribulations de
l'auteur dans les milieux autonomistes bretons).
Alice in Wonderland est le nom d'une sculpture de l'artiste José de Creeft datant de 1959. Directement inspirée du conte de Lewis Caroll, elle se
trouve à Central Park (États-Unis).
En 2005, le groupe de rock français Indochine sort un double album, Alice & June. Les disques s'appellent respectivement Alice - Au pays des
Cauchemars - La promesse et June - Au pays des Merveilles - Le Pacte.
Le film québécois L'Odyssée d'Alice Tremblay se base entre autres sur ce conte.
Les jeux vidéo Super Mario Bros. s'inspirent clairement d'Alice : Mario doit en effet « manger » des champignons pour changer de taille.
En 2005, le titre du deuxième épisode de la saison 8 de Charmed s'intitule Malice in Wonderland et l'histoire principale y fait référence puisque des démons
se servent du conte pour s'en prendre à des adolescents.
Gwen Stefani (chanteuse) s'est inspirée d'Alice au pays des merveilles pour son clip What you waiting for (2004).
On peut noter également l'allusion que fait Guillermo Del Toro dans son film Le Labyrinthe de Pan (El Laberinto del Fauno) à Alice au pays des merveilles :
son héroïne, Ofélia, porte une robe très inspirée de celle d'Alice.
L'épisode Shore Leave (saison 1, 15) de la série télévisée Star Trek s'ouvre sur l'évocation par le Dr McCoy du Pays des Merveilles et, peu après, par la
vision d'un lapin blanc géant qui, tout comme dans le conte de Carroll, affirme être en retard à son rendez-vous.
Through the Looking-Glass est le nom du dernier épisode de la saison 3 de Lost, où les héros découvrent un endroit reliant le monde de l'île au monde
réel.
Dans le film Matrix, le tatouage du lapin blanc, ainsi que le message "Suis le lapin blanc"" est une référence certaine à Alice au pays des merveilles. Le
Lapin blanc étant vecteur de changement comme les pilules bleue et rouge, ainsi que le miroir par lequel est aspiré Neo, le principal protagoniste.
Le chapelier fou est un vieil ennemi de Batman, utilisant un étrange chapeau pour hypnotiser les gens, sa puissance exacte est inconnue. Il semble passer la
moitié du temps dans un délire personnel comprenant les personnages du conte.
Adaptations
Alice a connu plusieurs adaptations cinéma, téléfilm, bandes dessinées, dessins animés et jeu vidéos.
Source : wikepedia
Publié dans : Muses en vrac
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