Vendredi 30 octobre 2009
5
30
/10
/2009
23:39
Sophie
Rostopchine, comtesse de Ségur (née Sofia Fedorovna Rostoptchina en russe: Софья Фёдоровна Ростопчина le 19 juillet 1799 à Saint-Pétersbourg - 9 février 1874 à Paris) est une femme de
lettres française de naissance russe.
Une vocation d’écrivain tardive
Le cas de la comtesse de Ségur montre qu’une vocation très tardive d’écrivain peut être particulièrement réussie : elle a en effet écrit son premier livre à
cinquante-huit ans.
On raconte que la comtesse de Ségur a commencé à se consacrer à la littérature pour enfants quand elle a écrit les contes qu’elle racontait à ses petits-enfants et
qu’elle les a regroupés pour former ce qui s’appelle aujourd’hui Les nouveaux contes de fées. Lors d’une réception, elle lut quelques passages à Louis Veuillot pour calmer l’atmosphère qui était
devenue tendue. C’est ce dernier qui réussira à faire publier l’œuvre chez Hachette.
Sources d’inspiration
La comtesse de Ségur a donné à plusieurs de ses personnages des noms appartenant à des personnes de son entourage, exprimant ainsi son adage : "N'écris que ce que
tu as vu.". Voici quelques exemples:
Sophie : son propre prénom. Elle est un personnage espiègle, avide d'expériences allant à l'encontre des directives des adultes (marcher dans de la chaux
vive; se raser les sourcils; utiliser un fer à friser chaud sur les cheveux de sa poupée et sur ses propres cheveux; libérer un bouvreuil qui se fera dévorer...) Les histoires traitant de la vie
de Sophie à partir du voyage en Amérique sont beaucoup plus douloureuses pour elle (perte de sa mère puis de son père qui s'était remariée à une mégère tyrannique adepte des sévices corporels,
retour en France où Sophie est désabusée, à la fois très craintive et courageuse) La Comtesse s’identifie évidemment beaucoup à son personnage. Voir la dédicace dans Les Malheurs de Sophie.
Camille et Madeleine : deux de ses petites-filles nommées Camille et Madeleine de Malaret.
Paul: son gendre, le père des petites filles modèles, le baron Paul de Malaret.
Élisabeth : Élisabeth Fresneau était une autre petite-fille de la comtesse.
C’est la cécité contractée par son fils aîné Louis-Gaston de Ségur, ecclésiastique, qui lui inspire l’aveugle Juliette dans Un bon petit diable
Les prénoms ou noms des personnages permettent de suite de savoir quel sera le comportement qu’adopteront ces derniers.
Des noms « propres » ou nobles pour les « gentils » : de Réan dans Les Malheurs de Sophie, Bonard dans Le Mauvais Génie, d’Orvillet dans Diloy le chemineau,
etc.
Des noms ridicules pour les « sans-éducation » ou tangents : Tourne-boule dans Les Vacances, Innocent et Simplicie ainsi que Courte-miche dans Les Deux Nigauds,
Dourakine dans l'auberge de l'ange gardien et Le général Dourakine (en russe : дурак (dourak) signifie imbécile) etc.
Des noms à connotations négatives pour les « méchants » : le groupe Gredinet, Fourbillon, Gueusard et Renardot dans Le Mauvais Génie, etc.
Les leçons de morale
Les romans de la comtesse de Ségur sont fortement moralisateurs. Le juste et l’injuste s’opposent pour bien faire comprendre ce qu’est le droit chemin et combien il
est dans l’intérêt de tous d’être courageux, doux et sans mauvaises intentions. Dans les romans de la comtesse de Ségur, l’éducation est un facteur déterminant dans l’évolution de l’individu. Les
mauvaises influences et un environnement répressif peuvent pousser les enfants à être méchants. Trop de laxisme et d’indulgence les rendent égoïstes et vicieux.
Les romans opposent des exemples de ce qu’il faut faire et de ce qu’il ne faut pas faire. Les titres expriment d’ailleurs cette dualité : par exemple, Jean qui
grogne et Jean qui rit. L’auteur oppose souvent un personnage exemplaire à un enfant qui se cherche : les petites filles exemplaires que sont Camille et Madeleine à la malheureuse Sophie dans Les
Petites Filles modèles, Blaise à Jules dans Pauvre Blaise et Juliette à Charles dans Un bon petit diable.
Dans certains cas, le jeune héros commet des fautes qui résultent d’une éducation répressive et brutale, la violence et l’injustice que vit Charles avec Mac’Miche,
ou Sophie, dans Les Petites Filles modèles qui se fait maltraiter par sa marâtre Mme Fichini. Dans d’autres cas, ce sont les parents qui gâtent et ne punissent jamais leurs enfants, ou qui
prennent systématiquement leur défense, quel que soit leur comportement, comme les parents de Jules dans Pauvre Blaise ou de Gisèle dans Quel amour d’enfant !
Chez les enfants, rien n’est joué définitivement. Charles (Un bon petit Diable) et Sophie (Les petites filles modèles), une fois soustraits à la brutalité de leur
environnement, pourront s’appuyer sur les modèles de leur entourage pour s’améliorer. En revanche il est parfois trop tard pour certains, qui deviennent alors ces adultes méchants et puérils qui
feront à leur tour le malheur de leurs enfants (les parents de Christine dans François le bossu). Mme Fichini, dans les Vacances et les Petites Filles modèles, bat Sophie sans pitié, et, même en
présence des adultes, se ridiculise par trop de coquetterie, par sa gourmandise et par tous les défauts dont elle aurait dû se débarrasser étant enfant.
Source : Wikepedia
Publié dans : Muses en vrac
-
0
Derniers commentaires