Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 20:54
Yoko Tsuno est une série de bande dessinée créée en 1969 par l'auteur belge Roger Leloup. La série met en scène l'héroïne éponyme Yoko Tsuno, ingénieur en électronique.

Origine de la série

Yoko Tsuno a d'abord été envisagée comme un personnage secondaire de Jacky et Célestin, puis dans un personnage secondaire derrière les personnages de Vic et Pol. Les éditions Dupuis cherchaient alors une série à publier à la fois dans le Journal de Spirou et le magazine allemand Eltern. Une planche d'essai est réalisée, publié en page 11 du premier volume de l'Intégrale Yoko Tsuno en 2006, fait figurer côte à côte Vic, Pol et Yoko. C'est dans l'attente de la réponse du magazine allemand que Dupuis demande à Leloup de réaliser des récits complets d'attente avec Yoko, envisagée comme un élément annexe du duo Vic/Pol, sous la supervision d'un pilier de Dupuis, Maurice Tillieux (Jess Long, Marc Lebut...) « À la fin des années 60, on n'imaginait pas qu'une femme puisse devenir une héroïne de bande dessinée». Le premier récit complet Hold-up en hi-fi est publié dans le Journal de Spirou le 24 septembre 1970. Le bon accueil à l'automne 1970 des premiers récits complets publiés dans le Journal de Spirou, re-publiés dans l'album Aventures électroniques, fait abandonner à Dupuis l'idée de collaboration avec le magazine allemand et donne son feu vert à Roger Leloup pour réaliser un album complet.

Technique

La série est réalisée principalement par Roger Leloup qui signe tous les scénarios et dessins, avec la seule exception de la collaboration de Maurice Tillieux pour deux récits courts. Toutefois, on doit associer à la réussite de la série les Studios Léonardo, et notamment la coloriste Béatrice, qui réalisent la mise en couleur des albums. La série est réputée pour la minutie de ses décors, souvent fondée sur une abondante documentation photographique, particulièrement perceptible dans l'album La Frontière de la vie. De manière très sensible dès le deuxième volume (L'Orgue du diable) pour les décors et dès le troisième volume (La Forge de Vulcain) pour les habits, la série atteint une grande qualité graphique. La robe rouge et les bottes de la même couleur des premières aventures (les récits courts d’Aventures électroniques, Le Trio de l'étrange et L'Orgue du diable) font place à des tenues variées : robes, jupes, tuniques, tenues vinéennes, etc... sans oublier le kimono. Dans La Fille du vent, elle porte ainsi onze tenues différentes sur les 44 planches de l'histoire. Les avions et les voitures sont également très soignés. À noter le faible de Yoko (ou de Leloup ?) pour les petits cabriolets : Fiat X1/9, Fiat Ritmo cabriolet, et la Fiat 850 Spider Bertone de Vic dans Le Trio de l'étrange.

La série est le prétexte pour l'auteur d'illustrer certains de ses centres d'intérêts (technologie, modélisme, cultures orientales, entomologie, etc...). « Aujourd'hui, je ne pourrais plus abandonner le personnage de Yoko. Je m'y suis attaché profondément. Je ne maîtrise plus son existence. A force de vivre à mes côtés, Yoko est devenue une partie de ma vie ».
Peu d'erreurs sont à noter dans le graphisme ou la cohérence de l'histoire. On peut néanmoins citer dans Les Titans l'absence de genouillères sur la tenue de Yoko Tsuno page 45 alors que celles-ci apparaissent sur la page suivante  ou la montre du commandant du pétrolier dans  Le Feu de Wotan. Le père de Yoko, Seiki Tsuno avait été d'abord évoqué comme Susuki Tsuno dans la conclusion du récit La Belle et la bête : « On a imaginé un nom trop rapidement. [Pour son intervention réelle dans la série, j'ai fixé] mon choix sur Seiki Tsuno, parce que Susuki est en fait un nom de famille ». « J'ai pris à Hergé son plus gros défaut : la maniaquerie. Mais également le fait de croire au personnage et au décor où il se déplace. C'est ce souci de précision dans la fiction qui fait que le lecteur peut y croire aussi. » déclare t-il à propos de son souci de la vraisemblance historique pour L'Astrologue de Bruges .

Une série féminine

Yoko Tsuno est un des premiers héros féminins de la bande dessinée. Si d'autres personnages avaient connu le succès, comme Bécassine, ils n'étaient pas conçus comme des « héros positifs ». « À la fin des années 60, on n'imaginait pas qu'une femme puisse devenir une héroïne de bande dessinée ». C'est cependant avec une légère antériorité que François Walthéry crée Natacha. Leloup ayant des scrupules à "concurrencer" son ami, Dupuis le rassure en lui expliquant que les deux héroïnes sont complémentaires. À l'opposé de nombre d'auteurs qui mettent peu en valeur les femmes ou se limitent à les caricaturer, Leloup compose un univers où elles exercent souvent les rôles habituels de l'homme, mais avec leurs propres atouts et faiblesses, comme l'illustre le duel acharné entre Yoko et la reine Hégora dans Les Archanges de Vinéa. À l'origine personnage secondaire derrière Vic et Pol, Yoko les relègue au second plan. Mais ils sont d'indispensables faire-valoir et alimentent le contraste fille-garçon. Yoko est devenue le chef de bande et aussi, dans une certaine mesure, le chef de famille pour les autres personnages. « Yoko représente peut-être le type de jeune fille qu'il m'aurait plu de rencontrer à 16-18 ans... Malheureusement, à cette époque, elles étaient moins décomplexées et surtout moins libres». Bien que troublée par un archange créé pour être charmant dans Les Archanges de Vinéa, elle n'a pas d'aventure amoureuse explicite même si Vic la protège tendrement, voire la réconforte. Sont-ils amoureux, ou simplement des amis très chers ? Roger Leloup explique qu'il « ne l'a pas engagé plus avant avec Yoko car beaucoup de lecteurs sont inconsciemment amoureux d'elle, et se sentiraient exclus ». « J'ai surtout le privilège de lui avoir offert un très gros pourcentage de lectrices, qui s'est amplifié au fil des albums. Le courrier que je reçois émane pour les deux tiers de filles, et les lecteurs de Yoko sont certainement pour moitié des filles... ». L'adoption de Rosée du matin assouvit ses instincts maternels sans nécessiter d'idée de couple. En plus de Yoko, beaucoup de femmes tiennent des rôles-clés : Khâny, Ingrid Hallberg, Emilia Mac Kinley, Eva Schulz, Monya, etc...

Thématiques

Les histoires sont fortement fondées sur la technologie, incluant des concepts tel que dragons robots, voyage dans le temps ou dans l'espace et même plusieurs civilisations extraterrestres, dont les Vinéens et les Titans. Fasciné dès l'enfance par la technologie, quelques-unes des passions de Leloup, comme le modélisme, trouveront un débouché dans les histoires de Yoko Tsuno. Yoko et d'autres personnages utilisent de nombreux aéroplanes ou automobiles toujours décrits avec minutie. « J'ai toujours été bricoleur, j'avais des planeurs téléguidés et je fabriquais moi-même mes modèles réduits. J'ai été deux fois champion de Belgique dans ma catégorie. J'ai aussi volé dans des clubs d'amateurs sur de petits appareils. Aussi, dès que j'ai commencé à travailler sur Yoko, l'exutoire a été total. Tout ce que je faisais en modélisme ou imaginais sur le plan mécanique est passé dans mon dessin ».

La série nous tient à l'avant-garde des dernières avancées technologiques réelles ou spéculatives par l'utilisation de théories scientifiques.

Source : wikepedia
Publié dans : Muses en vrac - Communauté : Nom de code : Caroline
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