Jeudi 17 juin 2010
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16:50
...L'amour a son triomphe la mort a le sien
le temps ; et puis encore le temps.
Mais nous aucun.
Déclin des astres autour de nous, rien de plus.
Reflet, silence.
Après pourtant le chant s’élèvera par-dessus la poussière
tellement plus haut que nous.
Ingeborg Bachmann in
Chants de la fuite
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Samedi 12 juin 2010
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16:03
The heart of a woman goes forth with the dawn,
As a lone bird, soft winging, so restlessly on,
Afar o'er life's turrets and vales does it roam
In the wake of those echoes the heart calls home.
The heart of a woman falls back with the night,
And enters some alien cage in its plight,
And tries to forget it has dreamed of the stars
While it breaks, breaks, breaks on the sheltering bars.
Georgia Douglas Johnson (1886-1966)
"The Heart of a Woman"
ce poème figure dans le recueil "The Book of American Negro Poetry"
Ed. James Weldon Johnson. 1922.
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Mardi 8 juin 2010
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11:56
Ma vie, ma mort et mon destin
Je ne suis rien qu'une immense volonté, une immense volonté
- de quoi, de quoi ?
Autour de moi tout est ténèbres,
je ne peux soulever un fétu de paille.
Ma volonté ne veut qu'une chose,
mais cette chose je ne la connais pas.
Quand éclatera ma volonté, je mourrai :
MA vie, ma mort et mon destin, je vous salue.
Edith Södergran
Traduction Carl Gustav Bjurström et Lucie Albertini,
Editions Orphée La différence
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Samedi 5 juin 2010
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01:47
Fille du désert
Écoutons le Xalam chanter Ely Banna
Fille du pays des Torobé
Chant diapré d'éclat de crépuscule
Chant chaleur d'harmattan
Berce les soupirs obsédant nos sortilèges
Sur les rives sables de Guédé la majestueuse.
Fatou Ndiaye Sow in "Fleurs du Sahel"
Les Nouvelles Éditions Africaines du Sénégal (1990)
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Dimanche 30 mai 2010
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01:43
Tu es belle, ma mère
Tu es belle, ma mère,
Comme un pain de froment.
Et, dans tes yeux d'enfant,
Le monde tient à l'aise.
Ta chanson est pareille
Au bouleau argenté
Que le matin couronne
D'un murmure d'abeilles.
Tu sens bon la lavande,
La cannelle et le lait ;
Ton coeur candide et frais
Parfume la maison,
Et l'automne est si doux
Autour de tes cheveux
Que les derniers coucous
Viennent te dire adieu.
Maurice Carême
( 1899 - 1978)
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Dimanche 30 mai 2010
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00:39
La madre
Vedova, lavorò senza riposo
per la bambina sua, per quel suo bene
unico, da lo sguardo luminoso;
per essa sopportò tutte le pene,
per darle il pan si logorò la vita,
per darle il sangue si vuotò le vene. -
La bimba crebbe, come una fiorita
di rose a maggio, come una sultana,
da la materna idolatria blandita;
e così piacque a un uom quella sovrana
beltà, che al suo desio la volle avvinta,
e sposa e amante la portò lontana!...
... Batte or la pioggia dal rovaio spinta
ai vetri de la stanza solitaria
ove la madre sta, tacita, vinta:
schiude essa i labbri, quasi in cerca d'aria;
ma pensa: "La diletta ora è felice... ".
E, bianca al par di statua funeraria,
quella sparita forma benedice.
Ada Negri (1870 - 1945)
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Samedi 22 mai 2010
6
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06:18
L'oreiller d'un enfant
Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !
Beaucoup, beaucoup d'enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n'ont jamais d'oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir ...
Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)
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